♫ Tout ce que nous voyons, sentons, mangeons, pensons… est information.
♫ L’info est de double nature. Ceci constitue le paradigme de la « binarité ».
♫ Avec la notion d’info, la pensée a fait son entrée officielle dans le monde physique.
♫ L’info n’est pas la communication de l’info : ne pas confondre !
♫ Il n’existe pas actuellement de « théorie de l’information » —sinon celle de la PhS.
♫ L’émergence est un défi à la notion d’info.
♫ La « Noosphère » du Père Teilhard est de couleur métaphysique. En langage scientifique, mieux vaut dire « infosphère ».
♫ Avec « Information, système, incomplétude », vous avez déjà la clef. Ensuite, voyez Sophie !

Sur l’information ou ce que l’on appelle ainsi

Grandeur physique universelle, omniprésente mais invisible (un peu comme l’air que nous respirons sans le savoir), l’info est de nature inconnue mais dotée de propriétés connues. Elle désigne la double forme sous laquelle la conscience humaine peut appréhender le monde.

« Information » (ou info, qui est un substantif et non une abréviation) : pas celle du langage des « médias » mais celle des scientifiques ; et sous cet aspect-là, il ne s’agit pas seulement de l’expression mathématique (dont la fécondité s’est avérée immense) de C.E. Shannon. Il se trouve que, dès sa découverte, l’info a été remplacée par son expression binaire probabiliste. Cette colossale innovation a été désignée, par commodité et par raccourci, comme « théorie de l’information » mais il n’existe pas (actuellement) de « théorie de l’information », seulement une théorie mathématique de sa communication, ceci selon les termes même de Shannon.

Bien que l’information soit indéfinissable, on peut la désigner, la circonscrire, la mesurer, c’est une grandeur physique universelle et, en pratique, on ne cesse de la copier, multiplier, condenser, mémoriser, etc.

Plusieurs propriétés de l’information ont été identifiées mais, curieusement, la chose ne se dit pas. C’est au prix d’un assez gros effort de « prise de conscience » et de synthèse bibliographique qu’une dizaine de ces propriétés ont été identifiées dans le chapitre VI des Exercices. L’une et non des moindres est que l’info est biface :
– I
S (structure) → système → incomplétude (comme exposé dans Le monde mental) ;
– I
A (action) → interaction → évolution.
Curieusement, on retrouve un couple bien connu de la philosophie académique : l’être et le devenir. Et la PhS, elle aussi, y retrouve aussi ses petits : le principe ou disposition universelle de « binarité ». Enfin, les réflexions ou élucubrations de la PhS sur
L’instant conduisent, elles aussi, à une dualité qui est très ressemblante. Convergence de ces deux notions ?

Avec la notion d’info, la pensée fait son entrée officielle peut-on dire, dans le monde physique et, du même coup, obtient l’accès au domaine dit scientifique. La philosophie n’a qu’à bien se tenir ―c’est-à-dire : collaborer…

La notion d’info permet (parallèlement ou mieux que celle d’énergie, naguère) la confrontation des phénomènes et le rapprochement des échelles. Sous une expression dite algorithmique (G. Chaitin et autres) encore peu utilisée, l’info atteint potentiellement et pourrait fertiliser le domaine dit philosophique. Comment cela ? Parce que la logique serait désenclavée, parce que le langage et le sens seraient réunis, rien moins ! Et un peu de discipline, enfin, viendrait à la Pensée.

Les lois de création et de conservation de l’info sont quasi inconnues. On en reste pratiquement au fait que l’information n’est pas « gratuite » ; de plus, R. Landauer a montré que sa destruction, elle aussi, a un coût énergétique, ce qui serait de haute importance dans l’économie cérébrale qui détruit plus d’information qu’elle n’en traite.

L’émergence (examinée plus loin) est un défi à la notion d’info. La pose d’un nouvel étage est un fait d’observation ; des parties organisées en un tout sont et font quelque chose de plus. L’ interprétation relève de la théorie et requiert des options conceptuelles. C’est bien joli d’empiler les niveaux d’organisation mais comment cela peut se faire, en termes d’information, est une énigme noire. Qui paye ce travail ? La vieille et académique question du tout et de la somme des parties…

Comment marche le monde ? Peut-être par la Pratitya Samutpada (Production conditionnée) de la philosophie bouddhiste, plus ou moins empruntée au jaïnisme. Parcourez, lisez le Matériau pour une histoire naturelle de la pensée.

Pratitya Samutpada
In V. Grigorieff : Les philosophies orientales. L’Inde et la Chine. Eyrolles,2005. Pour la légende détaillée, consulter cette référence.