♫ Pourquoi toujours —ou si souvent— deux : un couple, un dipôle, une alternative ?
♫ Compter jusqu’à un est probablement impossible ; jusqu’à deux, extrêmement difficile ; trois, c’est assez simple. Ensuite, il suffit de laisser faire les nombres.
♫ « Contraire » ne veut rien dire (ou tout dire). Selon les cas, il y a opposition, antagonisme, négation, complémentarité, ambivalence, compétition…
♫ Il n’y a pas de contradictions dans la nature, pas plus que dans le comportement de l’homme.
♫ Alternative ? Toute chose, animée ou non, matérielle ou non, peut fort bien en assumer les deux termes. C’est même toujours le cas !
♫ Holisme et réductionnisme : deux démarches naturelles et complémentaires.
♫ Le cerveau est le terrain d’affrontement du possible et de l’actuel ―binarité oblige.
♫ Les pensées binaires font la soupe aux cochons ; il en faut bien. Mais les pensées des gens éveillés traversent les airs et les temps, quelle beauté !
♫ La conscience aime les pensées binaires parce qu’elles incitent à l’exclusion. Remettre le binaire à sa place, c’est l’ouverture, la tolérance, l’amour.

OU ou ET, l’un ou l’autre, les deux, aucun, le contraire ?

Pourquoi toujours des opposés, des contraires, des paires, des alternatives… Pourquoi cette angoisse obsessionnelle de l’humanité, depuis ses premières cogitations, autour de « deux en un » et réciproquement ? Ou plutôt, pourquoi pensons-nous et fonctionnons-nous ainsi ? Les racines en sont très profondes. Vite ! une étude en IRMf des supports neuronaux  de ces deux actes mentaux : séparer/réunir.

Si l’on m’accordait une seconde vie de chercheur, je ne la consacrerais pas à l’océanographie mais à la neuropsychologie et ma thèse s’intitulerait : « Procédés mentaux et circuits cérébraux ».

Les clivages ressassés matière/esprit, sujet/objet, apparence/réalité, détermine/aléatoire… ont fait long feu, ils n’éclairent plus rien. Que pourrait-on essayer d’autre ? Sans doute faudrait-il mieux essayer de penser l’un ET l’autre, ensemble, sans cette « alternative-exclusive » (PhS) qui continue de faire tant de ravages.

Tiers exclu ? la gloire d’Aristote ! Les Grecs avaient le sens pratique, la formule a conquis l’Occident mais l’on était beaucoup plus circonspect à l’Est. Aujourd’hui, ce principe logique prend l’eau de toutes parts mais il n’est pas près de couler.

Ne parlons plus de dualisme et de non dualisme, la grande rigolade, si j’ose dire, de toutes les philosophies, religions et philosophies-religions. Elles en font des gorges chaudes et s’empoignent depuis trois mille ans, elles en ont rempli des bibliothèques —alors que, d’une phrase à l’autre, on passe d’une thèse à l’autre… Les Indiens se sont empoignés, les écoles bouddhistes au sein du bouddhisme se sont empoignés, et le Christ lui-même est tombé dans le panneau : « Que votre langage soit oui si c’est oui, non si c’est non ; ce qu’on y ajoute vient du malin ». Mais regardez la nature, que diable : comment fait-elle ?

La PhS croit plus clair, et moins sanglant, de parler de « binarité ». Les deux manières pour une chose de « venir à l’existence » ou au « manifesté » (philosophies premières), de passer « de la puissance à l’acte » (Aristote) ou « de potentialisation à actualisation » (S. Lupasco).

En fin de compte, la grande question serait : est-ce le monde qui est binaire, ou bien est-ce le cerveau de l’homme ? Question grandiose mais inepte parce qu’il est inconcevable que seul l’un des deux soit binaire.

Binarité…, la grande affaire ! Il y en a 86 pages dans les Fondements