♫ Le principe d’identité au sens strict est une énigme noire. Associé aux 2-3 principes voisins (dont le tiers exclu), c’est l’embrouille fatale.
♫ La honte du langage : laisser croire qu’il sait de quoi il parle.
♫ Hamlet, infortuné Prince : s’être laissé enfermer par une poignée de mots creux !
♫ Espérons que les Martiens, au moins, ont un autre mental ; sinon, c’est toute la galaxie qui est à revoir.

QUE suis-je ? Qu’est-ce que ÊTRE ?

Être : oublier le substantif comme le verbe intransitif. Le premier est trop mystérieux pour être utile. Le verbe, selon B. Russell et A. Korzybski, prête à quatre emplois :
— comme mauvais synonyme de « exister » (dont on constate, et ce n’est pas rien, qu’il implique interaction et évolution) ;
— pour accrocher un « prédicat » (quantité, qualité, etc.) : emploi contesté depuis l’Inde ancienne ;
— pour relier deux catégories : de même.
— auxiliaire grammatical : très pratique dans la communication, donc à conserver, seul à conserver.
Tout ceci dans l’hypothèse, évidemment exclue, d’une réforme mondiale du langage verbal. Eh oui, c’est « comme ça marche » parmi les hommes ! Autre maxime commune et désespérante : « On fait avec ».

Il existe bien une science du Moi (l’égologie, dit la PhS) : une science qui observe, qui expérimente, qui accumule un édifice conceptuel, qui progresse par acquisitions successives, qui élève des théories, qui se réfute. Son objet : le ou les Moi. Une véritable science depuis que l’on distingue différents Moi affectés de fonctions distinctes ; la PhS en est, pour sa part, à une dizaine sinon 12, y compris un « Moi extérieur » ; celui-ci est, pour chacun de nous, son empire colonial : l’ensemble de ses projections, possessions et conquêtes dans « l’environnement » au sens large. Chacun des Moi a son domaine de compétence, à l’instar des ministères dans un État, car il s’agit de gérer un organisme (de Vertébré homéotherme et social) comme un Organisme.

L’organisation des Moi semble à peu près achevée et adaptée, ce qui n’exclut certes pas les compétitions et conflits entre deux ou plusieurs Moi.

La conscience serait d’apparition plus récente ; un ordre de grandeur à retenir parmi d’autres est celui de la dernière construction cérébrale mise en place, celle du « néo-néocortex » de G. Edelman, soit cent mille ans. Elle s’est formée par empilement de « représentations » (H. Spencer, un contemporain de Ch. Darwin) et travaille par boucles neuronales

La conscience continue de se chercher ; et nous d’osciller encore entre un sentiment d’existence (autonomie, existence individuelle, etc.) et un sentiment d’appartenance, de dépendance, de solidarité ; et nous de continuer de douter de nos capacités à nous assumer. En effet, à la différence du travail des Moi, celui de la conscience est essentiellement… conscient !

La question de « l’Autre » est d’actualité, elle culmine même l’actualité (celle des « informations » fournies par les « médias »). Cette situation vient du développement incontrôlé pris par Hs sur sa planète. Cette espèce ne sait visiblement plus assumer sa double nature d’individu social dans les nouvelles conditions introduites par sa croissance démographique, technologique et culturelle.