♫ Aucune connaissance ne nous parvient directement du monde que, pourtant, nous voyons, écoutons, touchons, goûtons, etc.
♫ Ça se présente toujours par deux : dans notre tête ou bien dans le monde ou bien dans les deux ?
♫ Partir de la nature, pas des concepts !
♫ Tous les secrets du monde conspirent entre cerveau, pensée, langage et quelques autres.

Les informations sensorielles sont, dès leur entrée, normalisées en influx nerveux uniformes, après quoi elles s’engagent dans la jungle des neurones. Rien ne nous parvient « en direct » ; nous découvrons les mers dans un sous-marin.

Ensuite, le cerveau humain sélectionne, transforme, organise ces informations en des représentations et, finalement, édifie un modèle opérationnel du petit morceau (infime morceau !) de monde considéré. On peut dire qu’il s’est construit le monde pour ses besoins.

C’est un des moins connus des anciens philosophes grecs, de la famille dite des « Présocratiques », qui a trouvé cela : « Toute chose est ce que l’on peut en concevoir » ; le bonhomme s’appelait Métrodore et habitait l’île de Chio au IVème siècle av. JC. Or la plupart des humains actuels vivent dans la conviction intime que toute chose est.. ce qu’ils en voient, voyons, écoutent, touchent, goûtent, etc.

« Il y a » : Leibniz faisait semblant de s’en étonner. Du moins, tout se passe « comme si » il y avait. Inutile de gamberger sur ce qu’il n’y a pas, sur le RIEN ou le NÉANT, parce que le cerveau ne sait pas se représenter cela.

Outre qu’il y a des choses, elles ne sont pas disposées au hasard mais en paquets et par étages. De plus, elles bougent, elles changent —et pas n’importe comment. Les changements ont leurs habitudes, les habitudes font des lois appelées « lois de la nature », ces lois font un monde ou des mondes.

« Dualité » est un de ces mots qui ne veulent plus rien dire ; la PhS préfère envisager —et en parle à tout propos, un leitmotiv !)— un principe universel de « binarité » qui se manifeste de mille manières. Nous confondons allègrement contraires, opposés, inverses… ; l’essentiel est, pour la pensée, de pouvoir s’appuyer sur quelque chose.

C’est le cerveau qui, pour ses besoins, a compartimenté le monde. Pour le dire un peu crûment mais pas méchamment : chacun son os à ronger et les vaches sont bien gardées, c’est un peu cela. Cloisonnement du savoir, territorialité des disciplines… et les langues, et les cultures, et les strates sociales… Malgré tout cela, l’unité du savoir apparaît ici et là.

Mais sur tout ceci plane l’aile invisible, le souvenir oublié, le mythe non formulé de la joute épique qu’ont engagée, en des temps très anciens… qui donc ? la Pensée et le Langage ; ce dont on dira quelques mots, un peu plus loin.